Correcteur
L'esprit en alerte, l'oeil acéré, le flair aiguisé, le correcteur traque les fautes de toute nature : de la bête « coquille » (erreur de frappe) au subtil contresens en passant par la classique faute d'accord. Pour que la lecture reste un plaisir.
Descriptif
Accent grave ou accent aigu ? Majuscule ou minuscule ? Deux « p » ou un seul ? Quels sont le sujet, le temps employés ? Le correcteur passe les textes des professionnels de l’écrit au crible. Journalistes, auteurs, traducteurs, chargés de communication, rédacteurs web, tous attendent la même chose de cet expert de la langue française : qu’il améliore la « copie » (ou « épreuve ») qu’ils lui ont transmise. Son œil de lynx ne doit laisser passer aucune faute d’orthographe, de grammaire, de syntaxe ou de typographie.
Dans les secteurs de l’édition, de la presse ou de la communication d’entreprise, il travaille en relation avec les secrétaires de rédaction ou d’édition ou encore les responsables de produit. Le correcteur peut être salarié d’une entreprise mais la grande majorité travaille à domicile pour plusieurs employeurs. La profession est menacée par les restrictions budgétaires, plus encore que par le recours aux logiciels de correction automatique. Cependant, une nouvelle norme européenne impose la correction des traductions techniques et devrait favoriser l’essor de ce métier dans le secteur de la production.
Durée des études
Après le bac
3 ans pour obtenir une licence de lettres, éventuellement complétée par un master métiers du livre et de l’édition (2 ans). Des formations en cours d’emploi sont également proposées aux professionnels.
Vie professionnelle
Salaire
Salaire du débutant
Entre 1867 et 2000 euros brut par mois
Intégrer le marché du travail
L’efficacité avant tout
L’entrée dans la profession n’exige pas de diplôme spécifique. La qualité et la rapidité d’exécution du travail font la différence avec « l’amateur », celui dont la formation initiale et l’expérience sont insuffisantes. Des formations complémentaires, juridiques, techniques, permettent de se spécialiser. Des évolutions sont possibles vers les métiers de secrétaire de rédaction ou d’édition. Le plus souvent, le correcteur associe une autre compétence à son profil, et exerce par exemple en tant que « rédacteur-correcteur » ou « traducteur-réviseur ».
Victime du pragmatisme économique
Par souci de rentabilité, le travail de relecture est fréquemment pris en charge par les rédacteurs ou les éditeurs. Les logiciels de correction ont également bousculé les habitudes. Le recul est maintenant suffisant pour mesurer les dégâts : les logiciels sont incapables de traiter les subtilités ; le rédacteur n’est pas le mieux placé pour corriger sa copie ; la recrudescence des fautes d’orthographe brouille la lecture sur Internet.
L’avenir en question
Le correcteur va-t-il gagner en légitimité ? Une norme de qualité européenne impose désormais la relecture systématique des documents traduits tels que les manuels d’utilisateur. Les « contrôleurs qualité » des textes techniques ont donc à priori de meilleures perspectives d’évolution que les lecteur-correcteurs des maisons d’édition. Mais ceux-ci se battent pour la reconnaissance du métier. Il reste difficile de se prononcer sur l’avenir de cette profession aux multiples facettes.